L’homme sage se tait. Il est comme mort. Rien ne peut le troubler. Car la sagesse ne dépend pas de l’environnement. Le regard du sage ne juge pas. Ses pas ne laissent pas d’empreinte. Il est ici
et ailleurs. Si notre esprit est calme, tout est calme autour de nous. Nos sociétés sont fondées sur la parole et l’écrit. Le bavardage. Le bruit. La
discussion illustre l’agitation chaotique de nos pensées, de notre conscience, de nos humeurs, de nos actions, de nos jugements. A force, elle devient stérile. Voire néfaste. Les médias déversent
quotidiennement des flots de mots qui nous heurtent, nous abêtissent, nous conditionnent, nous rendent paranoïaques, et transforment le présent en un funeste avenir. Nos sociétés modernes donnent
trop souvent la parole aux idiots, aux moralistes, aux terroristes, aux arrivistes, aux criminels, aux penseurs qui pensent à notre place. Le sage comprend sa nature et celle des autres par
lui-même. Il ne discute pas, ne se met pas en avant. Tout chose étant destinée à changer, le silence est souvent supérieur à l’éloquence.
Chez les Asiatiques, le zen est silence. Chez les Indiens d’Amérique, on apprend aux enfants à observer, à écouter et attendre plutôt qu’à poser des questions. Car la réponse viendra. « Quand vous êtes jeunes, disait un vieux chef Dakota, sachez tenir votre langue. A l’âge de la maturité, une idée aura mûri qui sera utile à votre peuple ».
Le véritable Dieu inclut toute chose, le bien et le mal.